Billet :

À la mémoire de Benazir Bhutto
Publié dans la revue: 
No. 117 - Eucharistie et pouvoir

 

On la savait menacée, mais on osait espérer contre toute espérance qu’elle vivrait pour accomplir sa mission. Cette militante résolument engagée en faveur de la démocratie avançait ardiment. On la pensait presque invincible!

 

 Politicienne née, elle avait reçu son élan de son père, Zulfiqar Ali Bhutto, le tout premier ministre à être élu démocratiquement au Pakistan. Ayant discerné très tôt les capacités de sa fille Benazir dans le domaine politique, il l’avait encouragée à les développer en l’envoyant étudier dans deux universités étrangères des plus réputées, Harvard et Oxford. L’exécution de son père en 1979, condamné à mort par le général Zia, n’arrêta pas son élan et elle choisit de continuer à se battre avec acharnement. Sur l’insistance de sa mère, elle va poursuivre l’oeuvre de son père et se consacrer entièrement à la politique. Elle est élue comme première ministre deux fois : d’abord en 1988 à l’âge de

36 ans, puis en 1993. C’était la première fois qu’une femme occupait un tel poste dans un État islamique. Comment cet événement exceptionnel marquera-til l’histoire des musulmans ?

 

Après 8 ans d’exil, à la suite d’accusations de fraude, Benazir Bhutto rentre au Pakistan le 18 octobre 2007, bien déterminée à se présenter aux élections législatives du 8 janvier 2008. Un attentat très sanglant avait marqué son retour, mais rien ne l’arrêtait. Le 27 décembre le coup fatal lui était porté : elle était assassinée alors qu’elle tenait un meeting électoral non loin de la capitale, Islamabad.

 

«Toute ma vie, j’ai pris des risques», avait-elle confié le 21 décembre 2007 à Dominique Lagarde, journaliste pour Le Monde. Oui, elle a su vivre avec tous les risques et s’imposer comme une «figure charismatique de l’opposition pakistanaise». Dans sa haute lutte pour la démocratie, elle a manifesté amplement la force extraordinaire qui l’animait pour aller toujours de l’avant. Puisse-t-elle avoir de nombreuses imitatrices.

 

D’autres femmes en d’autres lieux, luttent aussi pour la démocratie au prix de leur vie. Notre attention est présentement tournée vers les deux otages colombiennes,

Consuelo Gonzalez, et Clara Rojas, libérées le 10 janvier 2008 après 6 années passées dans la jungle, de même que vers d’autres otages dont Ingrid Betancourt dont nous espérons avec une ardeur accrue la libération.

 

Que Dieue bénisse ces femmes ardentes qui brûlent d’un grand feu pour l’instauration de la justice dans le mond