Heureuse celle qui pétrit le pain de la solidarité

Date : 
11 Mai, 2003 - 13:12
Type d'événement: 
Colloque

Célébration à l’occasion d’une convalescence

Le groupe Phoebé

 

La vie nous réserve des épreuves difficiles à comprendre surtout quand elles touchent une personne qui nous est chère. Je veux parler ici de notre sœur Marie-France qui a dû subir une intervention délicate dont elle se remet lentement. Mise au courant de la situation, Marie-Andrée, propose au groupe Phoebe de créer une célébration à l’intention de Marie-France qui y acquiesce avec joie.

 

Nous voici donc réunies, un beau dimanche, dans le salon de la Coopérative où habite notre malade. Se joignent à nous des amies très proches : Jacinthe Quévillon, Louise Bergeron et Guy Paiement, lui-même convalescent.

 Sur la table, au centre de la pièce, on a  reconstitué un petit univers marin fait de coquillages pour évoquer les mers et les sables québécois comme autant de refuges pour se refaire une santé. Les tissus aux couleurs pastel qui recouvrent la table signalent notre appartenance à la Collective et rendent présentes nos compagnes des autres groupes. Chandelles et cierge, appelés  à combattre les ténèbres, expriment  notre grande espérance et la chaleur de notre amitié. Les pierres et les petites roches, en tant qu’éléments de notre Terre, portent une énergie millénaire dont on voudrait irradier notre sœur en convalescence.

 

Ouverture de la célébration :

La souffrance est un mystère dont le secret se trouve en Dieu.

Pour signifier notre entrée dans ce mystère, recueillons-nous.

Passage de la nuit à la lumière : on allume le cierge   

Le corps, c’est la cire et la mèche c’est la conscience. Quand la conscience s’éveille, la flamme surgit. Plus nous prenons conscience de cette flamme divine, plus sa lumière se répand.

Ensemble : Seigneur, nous  reconnaissons  en toi la Lumière qui guide nos pas

Chant : Tu es là au cœur de nos vies 

Silence :On prend le temps d’entrer en soi, de se recueillir

Prières dans l’épreuve

Introduction : De tout temps, l’humanité a connu des épreuves, des déchirements, de l’angoisse. Dieu n’y est pas indifférent .La prière du psalmiste va nous le confirmer.

Extraits des  Psaumes 31 et 86

En Toi, Seigneur, j’ai mon abri

En ta justice délivre-moi

Tends l’oreille vers moi

Sois pour moi un roc de force

Une enceinte de rempart qui me sauve`

Car mon rocher, mon rempart c’est Toi

Toi qui as vu ma souffrance

Tu as mis au large mes pas

Mes temps sont dans ta main

Sauve-moi par ton amour

Car ma vie se consume

Et ma vigueur s’affaiblit

Ecoute la voix de ma prière

Fais luire ta face sur moi

Sauve-moi par ton amour

 

Tends l’oreille, Seigneur, réponds-moi

Garde mon âme, car je suis ton ami.

Sauve-moi, je me fie en toi.

Seigneur, plein d’amour pour quiconque t’appelle,

Entends ma prière. Enseigne-moi tes voies.

Afin que je marche en ta fidélité

Rassemble mon cœur pour glorifier ton nom

Car ton amour est grand envers moi.

Tu as tiré mon âme des grandes eaux.

Tu m’aides et me consoles.

Je te rends grâce de tout mon cœur.

 

Répons : Venez à moi, vous qui souffrez, vous qui ployez sous le fardeau et moi je vous soulagerai.

 

Evangile Lc 13,10 : Guérison de la femme courbée

 Introduction : Par ses guérisons, Jésus admet qu’il y a dans la société humaine des forces déshumanisantes qu’on ne peut contrôler. Le sens profond de ces guérisons, c’est la manifestation d’un changement possible dans toute vie. C’est aussi un don et un appel. Guérison et délivrance sont comparables à une  libération.

 Lecture de la Bonne Nouvelle selon saint Luc :

            Or, il enseignait dans une synagogue, le jour du Sabbat. Justement il y avait là une femme possédée depuis 18 ans d’un esprit qui la rendait infirme, elle était toute courbée et ne pouvait absolument pas se redresser. Jésus, la voyant, l’interpella et lui dit : « Femme te voilà délivrée de ton infirmité » puis il lui imposa les mains. Et, à l’instant même, elle se redressa et elle glorifiait Dieu…

            Accueillons cette parole de Dieu.

 

 Prenons quelques instants pour écouter ce que cette parole  dit à notre cœur dans le moment présent.

 

 Moment de partage :Accueillons la réflexion que chacune et chacun veut bien nous partager.

 

 Prière de l’assemblée

Soucieuses de vivre l’Aujourd’hui de Dieu dans notre monde,  sur les chemins où nous mène la vie avec ses joies et ses peines , ses espoirs et ses fragilités, ensemble prions :

 Pour Marie-France. De même que la femme courbée de l’Évangile se remet debout, puisses-tu, toi aussi, après toutes les vicissitudes que tu as connues les mois passés, goûter la joie d’une vie pleine et en santé.

 Répons : Venez à moi , vous qui souffrez…et moi je vous soulagerai.

 Pour Guy, afin que sa convalescence lui permette de retrouver l’énergie nécessaire pour continuer sa mission d’éveilleur et de rassembleur dont le monde a tant besoin.

 Pour le monde entier, qui a tant de plaies à panser afin que se développent l’esprit d’entraide et de communion qui en favorisent la guérison.

 Pour nous ici rassemblés, afin que nous apprenions à prêter nos mains, notre cœur et nos voix pour porter réconfort et soutien aux personnes qui souffrent autour de nous.

 

 Prière: Seigneur, aide-nous  à renaître au fond de nous-mêmes  en acceptant nos limites, en apprenant à nous aimer avec nos blessures et nos cicatrices parce que nous croyons qu’un chemin neuf est toujours possible.

 

 Onctions :  Dans la Bible, les onctions, marques d’allégresse et de respect, sont aussi des rites de réconfort, de guérison ou de consécration. L’huile donne force et santé, joie et beauté. Elle purifie et assouplit. L’huile utilisée aujourd’hui est fabriquée en Gaspésie à partir d’algues recueillies dans le Saint-Laurent. Elle est donc un cadeau fourni par notre mère Nature. Nous souhaitons qu’elle procure joie et santé aux personnes convalescentes qui en feront usage.

 Pendant que Louise prodigue les onctions à notre convalescente, l’assemblée forme un  cercle en se donnant la main.

 

 Réflexion de conclusion : Puisque nous sommes toutes branchées à l’énergie universelle, prenons le temps de bien sentir les mains que nous tenons afin de laisser passer l’étincelle divine qui jaillit de notre être, pour qu’elle apporte soulagement et guérison aux personnes convalescentes que nous aimons. Transmettons cette Énergie avec détachement, amour et humilité. Le reste appartient à Sa volonté.

 

 Chant final : Nous chanterons pour toi, Seigneur.

                      Tu nous as fait revivre.

                      Que ta parole dans nos cœurs

                      À jamais nous délivre!

 

 

 Textes remis à chaque membre de l’assemblée : l’hymne de la Pentecôte : le Veni Creator, l’extrait du Messie de Handel, de la commémoration de la dernière cène et du Laudate Dominum de Mozart (Psaume 116).

 

Liminaire

De ce côté-ci de la vie, il arrive parfois
que s’ouvre une fenêtre sur l’autre côté…
un tout petit instant mais combien
intense et qui nous marque à jamais.
Un moment d’extase.

C’est ce que j’ai vécu, d’une façon
particulière, à la Collective L’autre Parole,
lors de son dernier colloque… un
colloque pas comme les autres. Le
thème proposé : Rituels : déconstruction/
réappropriation nous a amenées à
passer d’un rituel d’enterrement de
première classe à celui d’une célébration
festive particulière soulignant les
80 années de vie de la doyenne de la
Collective.

Pour passer progressivement d’un rituel
à l’autre, quatre d’entre nous ont
servi de guides pour présenter le thème
sous un angle d’approche singulier :

Micheline Gagnon nous rappelle que
nous sommes des êtres de rituel.

Christine Lemaire nous offre tout bonnement
l’expérience de dépossession/
appropriation qu’elle a vécu à travers
son cheminement de foi.

Yvette Laprise présente, dans une
brève rétrospective, les acquis de
L’autre Parole dans sa pratique rituelle.
Marie-Josée Riendeau, plus stimulée
par une construction que par une déconstruction
nous propose un nouvel artefact religieux.

En après-midi, Denyse Marleau bouclait
les présentations en rappelant les
principales composantes d’une célébration
signifiante. Ces exposés, animés
et vécus dans l’enthousiasme
d’une vivante participation, ont
conduit tout naturellement au partage
en petits groupes. Une ambiance fébrile
où flottait un vent de complicité,
remplissait la salle et stimulait les esprits
à la créativité, dans tous les ateliers.

La soirée va tout dévoiler … et quelle
soirée !

Le lendemain du Colloque, Monique
Dumais m’avouait sa satisfaction en
ces termes : « J’étais si heureuse que
les membres du comité de coordination
aient pensé à fêter notre doyenne.
C’est fantastique de constater la splendide
qualité d’affection qui existe dans
L’autre Parole. C’est un bien précieux.»

Moi aussi , j’ai ressenti durant toute la
célébration ce grand courant d’amour,
courant mystérieux et pourtant bien
réel et vivant, jaillissant de partout :
parole, musique, geste, communion…

Je vous laisse en juger vous-mêmes,
chères lectrices et lecteurs, en vous
invitant à parcourir les pages de ce numéro,
souvenir d’un colloque inoubliable.

Yvette Laprise
doyenne