CÉLÉBRATION DU 35e ANNIVERSAIRE DE L'AUTRE PAROLE

Date : 
20 Août, 2011 - 18:00 - 21:00
Type d'événement: 
Colloque

 

La célébration vise à rendre grâce pour la vie de l’ecclésia au cours de ses 35 années. Elle prend la forme d’un grand repas de fête ponctué de moments de chants, de prière, de symboles, ces moments étant animés par une équipe de trois célébrantes et trois animatrices des chants qui interviennent à tour de rôle. Une centaine de personnes participent à cette célébration.

Entrée

À l’entrée de la salle, des femmes de L’autre Parole accueillent les participantes une à une et déposent une étole autour de leur cou. Confectionnées dans un tissu léger, les étoles sont de diverses grandeurs et couleurs.

La femme qui accueille prononce cette phrase : « Reçois cette étole en signe de ton engagement de féministe et de chrétienne ».

On ajuste la phrase au besoin, elle est dite au masculin pour les hommes et on qualifie l’engagement différemment pour correspondre aux personnes.

Les participantes prennent place à table. Les mets du premier service sont disposés sur les tables. Du vin accompagne le repas.

Intériorisation

Lorsque toutes les personnes ont pris place, une célébrante dit :

Après cette journée bien remplie de discours, de rencontres et d’échanges, prenons un moment de silence pour aller à l’intérieur et pour nous reposer en Christa.

Moment de silence

La célébrante reprend la parole :

Par cette célébration, nous voulons rendre grâce à Christa pour la vie de l’ecclésia féministe de L’autre Parole depuis ces 35 dernières années, pour la liberté, la créativité, l’amitié, l’espérance, les réalisations, la création de relations justes, l’enthousiasme, la capacité de durer, et aussi pour les temps de difficultés et de doutes. À l’ecclésia féministe!

Chant entonné par toutes  et tous

Solidarité, sororité et mutualité

Paroles: L’autre Parole
Musique: Louise Melançon 

 

Refrain:

Solidarité, sororité, mutualité!

 

  -1-

Debout les filles de Vashti,

Phoebé, Bonne Nouv’ailes,

Debout les Myriam,

Les filles de Houlda,

Déborah, Tsippora.

 

 -2-

Nous sommes de tous les âges,

Et nous nous rassemblons.

Célibataires,

Mères et grands-mères,

De tous les horizons.

 

 -3-

À travers tous nos déserts,

Myriam nous suivons.

Remplies d’audace,

Et d’espérance,

Nous chantons et dansons.

 

-4-         

Avec le vent du fleuve,

Houlda écrit sa voie.

Soul’vant des vagues,

Devant l’Église,

Elle veut clamer Dieue.

 

-5-

Nous sommes des amies,

Bien rieuses et sincères.

Douc’ conseillères,

Rendons bell’ la vie.

On nous dit Bonne Nouv’ailes.

 

 -6-

Des luttes féministes,

Nous sommes solidaires,

En mémoire d’elles.

Vashti la fière,

Joyeus’ nous célébrons.

 

 -7-

Nous sommes les dernières,

Mais Phoebé est première.

De notre ecclésia,

Gardons mémoire,

En femmes solidaires.

 

-8-

Justice, action, courage,

Déborah nous appelle.

Par ell’ la victoire

De l’égalité,

Nous marchons dans ses pas.

 

-9- (Tsippora)

Parler en tout’ vérité

Dans un support de foi

Mêm’ bien engagées,

On sait s’arrêter,

Place à la bonn’ humeur.

 

 

Début du repas

Après le chant, les participantes commencent le repas, l’entrée est servie.

Puis, en attendant l’arrivée du plat principal, on entonne le chant intitulé L’amour. Il est composé par deux femmes de L’autre Parole.

 

L’amour

Paroles : Denyse Marleau
Musique: Denyse et Marie Marleau

 

-1-

J’ai entendu l’amour parler
Quand tu m’as écouté-e.
J’ai entendu l’amour chanter
Il savait espérer.
J’ai vu l’amour marcher
Pour la justice partagée.
J’ai vu l’amour gagner
Dans ton mot d’amitié.

 

Moi qui croyais tout savoir de l’amour
J’en apprends chaque jour.

 

-2-

J’ai aperçu l’amour valser
Dans la fidélité.
J’ai aperçu l’amour pleurer
Quand on s’est pardonnés.
J’ai vu l’amour rêver
Il pouvait tout réinventer.
J’ai vu l’amour neiger
Il savait enseigner.

 

Moi qui croyais tout savoir de l’amour
J’en apprends chaque jour.

 

-3-

J’ai regardé l’amour fleurir
Oublier de vieillir.
J’ai regardé l’amour guérir
À l’ombre d’un sourire.
Je vois l’amour grandir
Le cœur se mettre à rajeunir. 
Je vois l’amour servir
Dans la foi qui m’inspire.

 

Moi qui croyais tout savoir de l’amour
J’en apprends chaque jour.

 

Lectures

Une célébrante donne la parole à tour de rôle à des lectrices choisies.

 

Première lecture

Soeur Marie Gérin-Lajoie (1890-1971) a, toute sa vie, travaillé avec acharnement à faire advenir la justice sociale. Dans l’extrait qui suit, elle  invite ses compagnes à travailler avec patience et en faisant confiance en ce qu'elle nomme la Providence universelle. Elle pose un regard sévère sur notre soif de résultats à court terme qui ne fait que conforter l'ego:

L’impatience est la caractéristique de la passion égoïste, de l’inquiétude, du trouble, de l’orgueil. Elle procède de notre esprit borné qui n’a qu’un jour pour agir! Nous devons besogner humblement et de toutes nos forces, avec la certitude que le Bon Dieu fera porter les fruits à nos efforts. Ne prenons pas le rôle de la Providence universelle, comme si l’avenir du monde était entre nos mains, mais mettons notre maison en ordre, exerçons la charité qui s’impose, utilisons au mieux nos lumières, prions sans cesse, sans attendre d’autre récompense que de faire, au jour le jour, la volonté divine. 1

Deuxième lecture

1 Cor 13,1-13   (Réécriture de L’autre Parole, no 80, 1999, p. 26)

Quand je parlerais toutes les langues, celle des femmes et celle des  hommes, si je ne suis pas solidaire, je suis un chaînon manquant, comme une maille échappée.

Quand j’aurais le don de planification, d'organisation et de gestion, quand j'aurais à ma disposition de vastes ressources, si je ne suis pas solidaire, je ne change rien.

Quand je distribuerais toutes mes subventions aux bonnes causes, quand je militerais corps et âme, si je ne suis pas solidaire, personne n'y gagne rien.

La solidarité prend patience. La solidarité exige du temps. Elle est accueil, elle est ouverte. Elle ne juge pas,  elle ne cherche pas son intérêt. Elle accepte les tensions, elle dénoue les impasses. Elle se réjouit dans la sororité. Elle trouve sa joie dans la mutualité. Elle met sa foi dans la réciprocité. Elle tisse son réseau.

Troisième lecture

(Extrait de L’autre Parole, no 68, 1996, p. 28-29)

Notre amie brésilienne Ivone Gebara nous rappelle que l'espérance tire sa substance de notre amour de la vie... Et que la Résurrection est un projet social et politique:

Et, j'espère parce que j'aime cette vie. La vie vaut sa peine... Nous espérons parce que nous sommes vivants et parce que notre corps est plein de possibilités et le monde si plein de belles choses...

C'est parce que nous-mêmes avons déjà goûté un peu à de la beauté de la vie, de sa tendresse, que nous voulons continuer encore à la goûter et à la faire goûter [...] C'est parce que la musique et les chants vivent dans nos oreilles que nous osons encore chanter en temps de détresse.

[...] nous faisons un seul corps avec le monde entier, avec le cosmos. L'humanité est un tout avec le cosmos, un tout diversifié, multiforme. Dans ce sens, en termes chrétiens, la résurrection du Corps est un projet social qui voit l'humanité comme un tout, un projet de vie qui touche l'ensemble de notre corps. La Résurrection devient aussi un projet éthique et politique quand nous comprenons ensemble que le bonheur nous est nécessité et que nous rejetons le pouvoir de domination, le pouvoir aveugle et sans limites imposé par quelques-uns. 

Quatrième lecture

Jean 20, 11-18

Marie était dehors, près du tombeau, et elle pleurait. Tout en pleurant, elle se penche vers le tombeau et elle voit deux anges vêtus de blanc assis à l’endroit même où le corps de Jésus avait été déposé, l’un à la tête et l’autre aux pieds. « Femme, lui dirent-ils, pourquoi pleures-tu? » Elle leur répondit : « On a enlevé mon Seigneur et je ne sais où on l’a mis. » Tout en parlant, elle se retourne et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était lui. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu? qui cherches-tu? » Mais elle, croyant qu’elle avait affaire au gardien du jardin, lui dit : « Seigneur, si c’est toi qui l’as enlevé, dis-moi où tu l’as mis et j’irai le prendre. » Jésus lui dit : « Marie ». Elle se retourna et lui dit en hébreu : « Rabbouni », ce qui signifie maître. Jésus lui dit : « Ne me retiens pas! car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Pour toi, va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu. Marie de Magdala vint donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur, et voici ce qu’il m’a dit. »

Cinquième lecture

Extrait des Béatitudes de L’autre Parole (no 22, 1983, p. 4-6)

Heureuses celles dont le coeur n'est pas endurci,
Car elles restent à l'écoute des femmes et de Dieu.

Heureuses les douces agressives habitées d’un

« vouloir-vivre » :
 vous désarmez vos oppresseurs dans l’espérance de
la réconciliation.

Heureuses les femmes audacieusement éprises

de l’Évangile de Jésus Christ
qui ont le courage d’y être fidèles
plus qu’en verbe et en pensée,
mais en actes véritablement.

Heureuses vous les femmes bafouées 

à cause de vos prises de parole.
Par votre ténacité, la libération se construit.

Heureuses celles qui, prenant

conscience de leurs oppressions,
se libèrent dans une parole de pardon.

Heureuses celles qui travaillent à pétrir

le pain de l'autonomie,
 de l'égalité,
 de la solidarité.
Ensemble, elles nourriront la terre.

 

Suite du repas

Après les lectures, le plat principal est servi et le repas se poursuit.

Avant le dessert, on dispose sur les tables des cabarets qui contiennent des petits pains et une petite coupe de porto pour chaque personne.

Les trois célébrantes lisent à tour de rôle une section d’un credo de L’autre Parole.

 

Le credo

 

Je crois en Dieue, source et souffle de toute vie,

Parole d’amour qui nous a créés,

Femme et homme à son image.

Je crois que Marie, mère de Jésus,

Femme de chair, de sang et de désir,

Amante de Joseph,

A, comme toutes les mères, ri et pleuré

Devant les joies et les souffrances de ses enfants.

Je crois que c’est elle qui a éveillé Jésus

À sa mission de justice et d’amour

Pour tous et chacune,

L’accompagnant jusqu’à la croix.

 

Je crois en Jésus de Nazareth,

Fils de Joseph et de Marie,

Notre frère, porteur de lumière,

Qui nous a révélé l’amour infini

En traversant le mur de la mort.

Nous ouvrant ainsi le chemin de l’espérance.

 Je crois en l’Esprit / Ruah créatrice qui,

Comme les femmes,

Engendre la vie dans la douleur et la joie.

 

Je crois en l’Esprit d’amour,

De sagesse et de force,

Qui nous anime avec sollicitude,

Pour la transformation du monde.

 

Je crois à l’ecclésia,

Communion des Saintes et des Saints,

Qui professe que la vie est plus forte que la mort!

 

 

Intentions de prière

Une célébrante dit : En cette journée de célébration, nous unissons nos cœurs, nous élevons nos voix, afin que nos prières se diffusent tel l’encens, tel le parfum des fleurs vers les portes ouvertes d’autres esprits qui cherchent.

Entre chaque intention, toutes et tous entonnent le refrain suivant :

Seigneur, fais de nous des ouvrières de paix.
Seigneur, fais de nous des artisanes d’amour.


Des lectrices de l’assemblée déclament les intentions de prière.

 

Prions pour toutes celles qui n’ont pu être présentes, pour les alliées de L’autre Parole, nous demandons à l’Esprit de diriger son souffle sur leurs cheminements, pour une ecclésia lumineuse et féconde.

Prions pour que les femmes, les hommes et les enfants du monde cessent d’avoir faim. Particulièrement pour toutes les femmes du continent africain, véritables otages des pouvoirs économique, politique et religieux, chassées de leurs terres, coupées de leurs racines, persécutées et affamées. Pour elles qui, jour après jour, franchissent des couloirs d’horreur et de mort, nous voulons offrir, malgré notre impuissance, malgré les distances, nos lumières intérieures, car nous croyons à la communauté invisible des âmes.

Prions pour toutes nos sœurs marginalisées, quelle que soit leur condition sociale, raciale ou physique, qui en dépit des obstacles, se remettent debout et résistent avec dignité à l’exclusion et à l’indigence.

Prions pour toutes celles qui mettent leurs talents, leur temps, leur créativité à contribuer, dans l’ombre ou au grand jour, à la venue d’un monde de justice, d’espérance et de joie; celles qui, par leur conscience collective, refusent les statu quo et ouvrent avec audace de nouvelles avenues et des possibles inexplorés.

Prions pour nos sœurs et nos frères qui luttent pour la liberté et qui sacrifient leurs vies en vue de faire advenir le printemps arabe, afin que les nouveaux régimes soient porteurs de paix, d’espérance et de tolérance.

Prions pour ces jeunes femmes qui prennent la relève par d’autres paroles et d’autres gestes; dans la rue, dans la ville, dans les champs, malgré les vents contraires de l’individualisme et de la démission.

Prions pour l’Église catholique qui tarde à consentir au vent du large et au bonheur de faire du nouveau, qu’un grand souffle soit donné jusqu’au bout et amplement pour chanter avec toutes, la joie de cette fête.  

Prions pour celles des nôtres qui nous ont quittées cette année: Madeleine Laliberté, Solanges Labissière, Louise Roy,  et toutes celles qui de près ou de loin ont alimenté les flots de cet océan qui aujourd’hui, portent encore nos voix solidaires, nos gestes signifiants et nos prières si vivantes.

Prions pour nous toutes rassemblées ici dans la joie pour célébrer les 35 ans de la collective L’autre Parole.

 

Partage du pain et du vin

Une célébrante dit :

Depuis 35 ans, nous, l’ecclésia des femmes de L’autre Parole, seule ou avec d’autres comme en ce jour de fête, nous nous réunissons pour faire mémoire de toi, Jésus, et dire ton héritage. Cet héritage, nous le rendons présent en partageant le pain et le vin comme tu le fis avec Marie, Marthe, Jeanne, Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et tous les autres.

Nous sommes réunies pour faire communauté. Le partage du pain et du vin exprime notre désir de communier avec toi et nous reprenons les mots de Paul dans la première lettre aux Corinthiens (chapitre 11,24-26),

TOUTES ET TOUS:  

« Le Seigneur prit du pain, puis ayant rendu grâce, il le rompit et dit :

‘Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi.’ »

Une célébrante :

Par ce geste, Jésus, tu as voulu que nous soyons nourries corps et âme. Et nous pensons qu’aujourd’hui, connaissant ta sollicitude pour toutes et tous, tu nous invites à rompre le jeûne et à communier au signe de ton Alliance avec l’humanité.

Ce pain nous rappelle aussi le corps des femmes, corps souffrant et corps aimant qui, dans notre culture patriarcale, fait l’objet de multiples mépris. Corps des femmes qui donnent la vie et qui se donnent dans le geste amoureux.

Ce pain, c’est aussi la nourriture quotidienne de l’humanité, mais nourriture qui manque à plusieurs et que l’on veut voir se multiplier comme lors du sermon sur la montagne.

 TOUTES ET TOUS:

« Et après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant :

‘Cette coupe est la Nouvelle Alliance établie par mon sang; chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi.’ »

Une célébrante :

 Dans ton sang, Jésus, tu as scellé l’ancienne et la nouvelle Alliance. En buvant ce vin, nous participons à cette Nouvelle Alliance, promesse de rapports nouveaux entre les femmes et les hommes.

Ce vin nous rappelle aussi le sang des femmes versé dans la violence. C’est également le sang de nos menstruations qui signifie que la vie se régénère.

Nous buvons aujourd’hui ce vin dans l’allégresse parce que notre ecclésia se manifeste.

Ensemble, nous prononçons à haute voix :
« Partageons ce pain et ce vin en mémoire de Jésus. »

Les personnes prennent le temps de manger le pain et de boire le vin.

 

Si on tissait ensemble

Paroles: Denyse et Diane Marleau

Musique: Denyse et Marie Marleau

 

 -1-

Si on tissait ensemble, coude à coude,
Si on tissait ensemble, un tissu nouveau,
Tissu d’une société, vivante et accueillante,
Plus juste, et pacifiante, comme il ferait bon.

 

-2-

Si on tissait ensemble, coude à coude,
Si on tissait ensemble, des liens nouveaux.
Liens vrais et authentiques, empreints de tolérance,
D’amour et de respect, comme il ferait bon.

 

-3-

Si on tissait ensemble, coude à coude,
Si on tissait ensemble, un motif nouveau,
Motif qui émerveille, séduit et qui rassemble
La beauté de chacun-e, comme il ferait bon.

 

-4-

Si on tissait ensemble, coude à coude,
Si on tissait ensemble, un chemin nouveau,
Chemin qui nous conduit, plus loin et de l’avant,
Chemin plein de lumière, comme il ferait bon.

 

-5-

Si on tissait ensemble, coude à coude
Si on tissait ensemble, une chaîne nouvelle,
Chaîne si magnifique, riche par ses couleurs,
Par ses fils fins ou forts, comme il ferait bon.

 

-6-

Si on tissait ensemble, coude à coude
Si on tissait ensemble, une trame d’amour,
Trame de nos désirs, vers un rêve à bâtir,
Au bout de nos efforts, comme il ferait bon.

 

-7-

Si on tissait ensemble, coude à coude,
Si on tissait ensemble, un monde nouveau,
Monde de liberté, qui porte plein de vie,
D’espoir et de tendresse, comme il ferait bon.

 

 

Cette célébration a été préparée par les groupes Bonne Nouv’ailes, Déborah et Vasthi. 

LIMINAIRE

Monique Hamelin

En août 2011, L’autre Parole a fêté ses 35 ans! Étaient conviées à un grand rassemblement les alliées, les anciennes membres de la collective et les membres actuelles afin de célébrer ce moment marquant. Plus de trois décennies se sont écoulées depuis la première rencontre, depuis les premières réécritures, depuis les premières prises de parole à travers la revue L’autre Parole afin de dire haut et fort que nous croyons faire ecclésia quand nous nous réunissons et célébrons notre foi.

Au menu : réflexion, action et célébration

Nous avons demandé à quatre femmes, deux alliées et deux membres de la collective de nous aider dans cette réflexion sur 35 ans d’un discours féministe et chrétien pour la transformation de la situation des femmes dans le champ religieux et dans la société. Nous leur avons également demandé de nous indiquer, selon elles, les pistes d’action et de réflexion à privilégier pour l’avenir.

Ces femmes sont : Élisabeth Garant, directrice du Centre justice et foi et de la revue Relations, Michèle Asselin, présidente de la FFQ de 2003-2009 et aujourd’hui coordonnatrice du CISO, Christine Lemaire, auteure et membre de L’autre Parole depuis 1985, et Marie-Andrée Roy, professeure à l’UQAM et membre de L’autre Parole depuis 1976. Vous retrouverez le texte de leur conférence dans nos pages. Tout n’est pas rose, mais il y a des acquis.

Parmi nos héritages, ces femmes ont souligné la publication de 131 numéros de la revue L’autre Parole. Ce sont 35 années d’une prise de parole en toute liberté pour dire notre solidarité avec les femmes dans et hors de l’Église, avec toutes les femmes de la société et plus particulièrement avec celles qui luttent pour une plus grande justice. Cette prise de parole a aussi été féconde et audacieuse et a donné lieu à la création d’un corpus de célébrations maintenant accessibles sur Internet. Cette liberté de parole et d’une pratique autre doit continuer de se déployer pour contrer le conservatisme ambiant. Dans la salle, des femmes d’autres croyances religieuses nous ont dit l’importance de pouvoir travailler ensemble; s’il ne leur est pas possible de faire de la réécriture des textes fondamentaux, nous pouvons en faire des relectures. Comme vous pourrez le lire dans le rapport de la plénière, « les valeurs sont semblables, mais les moyens sont différents ». Finalement, nous publions le texte de la célébration qui « vise à rendre grâce pour la vie de l’ecclésia au cours de ses 35 années ». Nous avons eu un grand repas de fête regroupant environ une centaine de femmes et quelques alliés hommes. Le chant a été particulièrement présent avec des compositions de femmes de L’autre Parole.

Nous innovons encore! À compter de ce numéro, nous visons à vous offrir à chacune des parutions de la revue L’autre Parole, des recensions de romans, essais, films, œuvres musicales, pièces de théâtre, etc. Nous privilégierons les documents écrits et visuels en rapport avec le christianisme et le féminisme. Nous soulignerons également la production de nos membres. Ainsi, dans ce numéro, il sera question de trois essais portant sur le sacerdoce des femmes, le renouveau souhaité de l’Église et le temps. Un film d’une cinéaste québécoise est aussi à l’honneur.

 

Monique Hamelin

pour le comité de rédaction