CELEBRATION DE NOS SAINTES

Date : 
19 Août, 1989 - 10:45
Type d'événement: 
Colloque

CELEBRATION DE NOS SAINTES

 

Monique Hamelin et Yvette Nehma-T.- \lasthi

 

Après avoir cherché si la sainteté a encore un sens pour nous, femmes, féministes et chrétiennes,

après avoir défini le contexte dans lequel la sainteté peut encore signifier quelque chose pour nous,

après avoir choisi qui, du passé ou du présent, peut nous interpeller,

 

nous, l'Ekklésia des femmes, avons célébré ces nouvelles saintes que nous nous sommes données.

 

Nous présentons le déroulement de cette célébration... peut-être suscitera-t-elle des initiatives semblables à la suite d'une réflexion sur la sainteté...

 

L'accueil

 

Toutes se présentent à l'heure dite dans une salle attenante au lieu de célébration.

 

Chacune revêt alors une aube blanche et, lentement, le recueillement s'installe dans le groupe.

 

Puis, la porte s'ouvre, et dès l'entrée, la célébrante les accueille une à une, en nommant chaque femme par son nom et en lui donnant l'accolade:

 

"Bienvenue, Marie (ou Eve ou...) à cette fête de l'Ekklésia des femmes pendant laquelle nous allons célébrer de nouvelle saintes."

 

La célébrante allume ensuite un cierge à la flamme pascale et le remet à celle qu'elle vient d'accueillir. Au fond de la salle, des sièges, disposés en cercle, attendent les femmes.

 

Une musique très douce accompagne ce rituel d'entrée.

 

Le pardon

 

(L'assemblée est debout)

 

La célébrante rappelle brièvement que les femmes que l'Ekklésia célèbre aujourd'hui ont vécu des moments de rupture et que le pardon a été présent au cours de leur vie.

 

Les participantes sont alors invitées à exprimer ce que le pardon signifie pour elles-mêmes et comment elles le vivent personnellement. Puis, à partir des courtes biographies préparées en vue des discussions du colloque, quelques extraits particulièrement significatifs prolongent cette réflexion.

 

Les Lectures

(Assises)

 

Nous écoutons des citations du discours de ces personnes que nous célébrons, afin de mieux les connaître.

 

Le Credo

(Debout)

 

En vue d'élargir le plus possible la prise de la parole individuelle, les participantes sont invitées à partager ce pourquoi elles croient en ces saintes qu'elles proclament:

 

(Chaque femme) "Je crois en toi,... (nom de la sainte)

parce que tu as dit... (ou)

parce que tu as été ...(ou)

parce que tu as fait...

 

(Ensemble) "Nous croyons en toi,... (nom de la sainte)"

 

L'Offertoire

(Sauf la célébrante et une aide, les femmes sont assises)

 

Afin que l'Ekklésia des femmes se souvienne, afin de retrouver les traces de l'histoire de ces femmes que nous célébrons, offrande est faite d'un recueil de textes, soit les résultats de la réécriture collective des femmes de L'autre Parole, et d'un mémento des vivantes et des mortes.

 

Ces deux livres sont déposés sur une table avec le pain et le vin.

 

La Communion

 

Une assiette avec du pain circule parmi les personnes présentes et, après que chacune en a pris un morceau, l'Ekklésia des femmes prononce ces paroles:

 

Nous rompons le pain,

symbole de nos corps,

pareils à tous ceux de nos soeurs d'ici ou d'ailleurs.

 

Par ce geste,

nous célébrons nos corps de femmes

promesses de vie éternellement recommencée.

 

Puis, alors que la célébrante prend la coupe, toutes les femmes disent:

Nous buvons le vin,

symbole du sang,

en mémoire des femmes dont nous sommes issues et

pour la gloire de celles dont nous sommes porteuses.

 

Avec notre corps et notre sang,

par le pain et par le vin,

nous communions ensemble aujourd'hui,

à la mémoire des femmes que,

comme Ekklésia,

nous avons proclamées saintes

parce qu'elles portent ou ont porté

les valeurs traditionnelles chrétiennes

de charité, de justice et d'égalité.

Et chacune boit à la coupe.

 

Le rite d'envoi

 

La célébrante rappelle que l'histoire de ces femmes venues sur terre et qui ont vécu ou vivent encore les grandes valeurs chrétiennes de charité, de justice et d'égalité, doit être connue.

 

Elle dit alors:

 

"Allez raconter le récit de ces femmes que nous venons de célébrer."

Une musique joyeuse termine cette exhortation.

LIMINAIRE

Les participantes aux colloques annuels de L'autre Parole, après avoir tenté de dire
Dieue1 à l'automne 1988, ont voulu fort logiquement, cette année, chercher les signes qui
permettraient de connaître la relation avec Dieue. Normalement, la qualité et l'intensité
d'une telle relation devraient se refléter dans le comportement et le mode de vie d'une
personne... qui, alors, nous paraîtrait "sainte". Mais... qu'est-ce donc que la sainteté???

Le présent numéro raconte l'histoire de cette quête de sens collective, par une belle fin de
semaine encore chaude, où nous avons d'abord analysé notre perception des saintes de la
Tradition. L. Melançon, grâce à son observation attentive, résume à merveille notre
"happening" du vendredi soir qui s'est déroulé dans un décor où l'élément humoristique,
toujours indispensable, s'était réfugié dans un recueil de reliques dont M. Gratton nous parle à
sa façon, i.e. avec une finesse qui nous mène impromptu à une féconde réflexion. M.-A. Roy
ouvrit la journée du samedi par une critique sympathique de la sainteté dans le christianisme.

Pour concrétiser nos perceptions, nous avions décidé de choisir quelques personnes qui,
selon nous, pourraient être proclamées saintes; nous avions même songé à une forme de
"procès de canonisation" qui nous aurait permis, par élimination, d'auréoler une heureuse élue.
Il en fut tout autrement. Qui lira verra...

M. Dumais expose brièvement la démarche choisie en vue d'identifier des personnes
éligibles à une reconnaissance publique. Encore une fois, nos échanges méditatifs, notre
travail collectif nous ont apporté un nouvel approfondissement spirituel et, dans un texte
magistral, R. Martin en livre les résultats: "Dieue parmi nous". Suivent la présentation des
candidatures retenues qui, à l'évidence, n'avaient pas été préparées à Rome... et la conclusion
de nos délibérations. M. Hamelin et Y. Teofilovic décrivent l'émouvante célébration
qui couronna à la fois nos nouvelles saintes et notre profonde communion.

Enfin, M. Dumais propose des lectures et Y. Laprise nous communique quelques
informations relevées dans divers périodiques.

Rita Hazel

41 L'autre Parole, "Dieue au féminin", décembre 1988, no 40